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Laura Nillni

"La danse du caméléon"

La danse du caméléon

23 mai > 19 juillet 2014

vernissage le jeudi 22 mai dans le cadre d'Art Saint Germain des Prés du 22 au 25 mai

Dans les années 90, Laura Nillni, fraîchement arrivée en France, fabriquait des “caza-luz”, des maisons de lumière, petits théâtres colorés qu’on eût dit de bois précieux et qui se disaient boîtes à musique. C’étaient des caisses de résonances temporelles, des lieux où se jouait le souvenir. Depuis l’an 2000, Laura et Ricardo Nillni réalisent des vidéos à quatre mains, ils se sont connus étudiants à Buenos Aires, se sont mariés, ils s’aiment, il est compositeur, elle est plasticienne, ils n’unissent leurs talents que pour le meilleur.
« Le mal qui foudroie en plein bonheur », « Eloge de l’ombre », « Blossoms », « Là où je ne suis plus », que vous pouvez voir sur Youtube, sont autant de vidéo-poèmes où la musique coule en image. Quoi de plus naturel que de leur construire une maison, que de les enchâsser dans une sculpture où elles peuvent se reconnaître ? Laura Nillni est une grande coloriste. Elle est passée par le blanc du pastel au vif de la couleur, elle peint ses sculptures de bois de motifs géométriques avec une grande prédilection pour le carré et le labyrinthe, en référence à Jorge Luis Borges. Laura Nillni est fascinée par l’oeuvre de Borges, par son rapport au temps, au livre et à l’espace, par son écriture du monde. Elle le cite très souvent dans son oeuvre. Elle baptise une de ses expositions du début d’une de ses nouvelles, « Le jardin aux sentiers qui bifurquent… », et c’est comme si elle sculptait l’esprit de ses mots.
La « Danse du Caméléon », c’est l’histoire de la toupie qui sort du cadre. Elle prend son élan et danse jusqu’à ce que dans son sommeil se mélangent les couleurs. Le sommeil de la toupie, c’est le moment où elle trouve son équilibre, l’extase du derviche tourneur, l’être se dissout dans l’Etre, elle pourrait tourner pour toujours. Mais la toupie se frotte à la résistance de la réalité, perd peu à peu de sa vitesse, se réveille et s’arrête pour se reposer tranquillement sur son axe et retrouver ses couleurs. A Hanoucca où il est question de là et d’ailleurs, le temps n’était-il pas suspendu comme une toupie endormie pour que l’huile d’une nuit puisse brûler huit jours ?

Lélia Mordoch

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